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L'expérience de la marche méditative

Dernière mise à jour : 4 nov. 2020

S'il y a des personnes pour qui le confinement ne va pas changer beaucoup de choses dans leur quotidien ce sont bien les moines et les nonnes bouddhistes, qui consacrent la majeure partie de leur temps à la méditation : assis, debout, en se levant, en mangeant, en bêchant, en arrosant les plantes,... et en marchant.

Leur mode de vie pourrait bien être une source d'inspiration pour les semaines à venir lorsque nous décidons d'aller marcher pour prendre l'air.


Si vous n'avez jamais pratiqué la marche méditative, je vous livre ici un passage de mon carnet de voyage qui pourra vous en donner une idée. Il s'agit de ma 1ère marche méditative, pratique à laquelle j'ai été initiée lors d'une mission de volontariat dans une communauté de nonnes bouddhiste en Thaïlande.


4ème jour : La méditation en marchant


Tous les matins après le petit-déjeuner, les nonnes se livrent à la méditation en marchant. Cela fait plusieurs fois que je les observe déambuler dans le parc, le regard dans le vague, faire des aller-retours avec une concentration paisible.

Ce matin je me décide à essayer. Mon regard ne sait pas trop où regarder mais je m’applique à faire abstraction de tout ce qui m’entoure. Luang Mae me voyant errer sans trop savoir comment faire, se propose de m’apprendre. C’est vraiment différent de la méditation assise, c’est la deuxième fois que je la pratique et que je pleure. Luang Mae m’invite à faire quelques pas à ses côtés tout en lui expliquant ce que je ressens en marchant. Pas facile de focaliser sur les sensations corporelles, l’esprit divague vite et me fait perdre ma concentration, mais ce n’est pas grave, le tout c’est de s’en apercevoir.


Luang Mae m’enseigne :

- Marche sur une petite distance, une vingtaine de mètres en faisant des aller-retours, en fixant le sol juste devant toi et dis-moi ce que tu ressens.

- Je sens que j’avance

- Quelles sont tes sensations?

- Je sens le vent sur mon visage

- Oui et?

- Je sens les points d’appui sous mes pieds

- Et?

- Je sens des perles de sueur dans mon dos

- Continues à observer, quoi d’autre?

- Je sens les rotules de mes genoux qui se déploient, un cheveu sur ma joue, des vibrations dans mes mains, la salive que j’avale, une lourdeur dans ma nuque, mes yeux qui clignent, la brindille qui craque à mon passage, mes orteils qui se plient, la lumière du soleil sur ma peau,...

- C’est çà, voilà. Me dit-elle.


La méditation en marchant est formidable, elle permet vraiment de se focaliser sur ses sensations et d’observer ce qui fait que notre attention est interrompue, par un chat qui te suis par exemple. Oui je vous dis çà car j’ai eu ce problème lorsque je marchais. Jedi me suivait. Jedi c’est le chat de Luang Mae. Et du coup c’était un challenge pour moi. Premièrement car j’adore les chats donc rester concentrée sur ma méditation sans penser à ce chat était compliqué et deuxièmement car je ne voulais pas lui marcher dessus. Bref il a fini par se poser et juste me regarder faire mes aller-retours.

Après ma marche, je reviens vers Luang Mae pour lui demander comment éviter que mon regard ne soit attiré par ce qui m’entoure. Elle m’explique que cela ne sert à rien d’éviter de regarder ailleurs si quelque chose attire notre attention. Il vaut mieux observer et analyser ce qui en nous fait que nous sommes interrompue par quelque chose d’extérieur. Cela me laisse songeuse. Rien ne sert de contrôler son regard ou ses pensées donc. Nous en revenons au Let it go, difficile à traduire en français mais je dirai que cela veut dire Laisser aller les choses comme elles viennent.

Le jour suivant je médite de nouveau en marchant après le déjeuner. C’est très relaxant et permet en effet un lâcher prise mais nécessite également une concentration pour rester à l’écoute de nos sensations. J’essaie donc de me focaliser sur toutes les sensations que j’ai en marchant et une pensée me traverse : Est-ce qu’on peut sentir ses ailes de nez ?




Ce fût ma première expérience de marche méditative.

Par la suite, lors d'un séjour d'un mois de méditation silencieuse dans un centre au Sri Lanka, j'ai eu la chance de pratiquer de nouveau avec Upul, le maitre spirituel de ce centre.

Nous étions alors un groupe de 10 personnes. La marche méditative était tous les jours au programme à raison de deux heures par jour (1h dans le hall et 1h dans le parc) sur les 8h de méditation quotidienne. Les seules directives que nous avions étaient les suivantes :

- Levez vous et marchez le plus lentement possible en observant et ressentant.

Alors nous nous levions tous ensemble très lentement, et commencions à marcher très lentement, jetant un œil furtif au maître Upul pour observer ses mouvements. Un escargot aurait gagné la course à côté de lui. Le dos droit, la tête droite, son regard à quelques mètres devant, les bras le long du corps ou parfois croisés sous sa robe, il avançait comme s'il marchait pour la première fois!

Il ne s'agissait donc pas d'une course mais bien d'une introspection sur chacun de nos mouvements, sensations, émotions.



**Exercice : Pratique de la marche consciente** (10 minutes à 1heure)

Marchez naturellement quelques minutes puis portez ensuite attention à votre corps, en vous focalisant sur chaque partie.

Commencez du bas puis remontez jusqu'à votre tête : Portez attention au contact de vos pieds au sol, à votre pas, à sa longueur, son rythme, l'écartement de vos jambes, votre respiration, la tenue de votre dos, de votre buste, la position de vos bras, vos mains dans les poches au chaud près de votre corps ou se balançant frottant l'air, l'alignement de vos épaules, la direction de votre regard, le hochement de votre tête. Terminez par la perception globale du corps en mouvement dans l'environnement.



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